Jeudi 22 février 2007

"L’Ombre de Liberty" d'Imunga Ivanga sur les écrans du Gabon

Le 25 janvier dernier a eu lieu au Centre culturel français de Libreville, la grande première de "L’Ombre de Liberty", 2d long-métrage du jeune prodige gabonais Imunga Ivanga, qui avait déjà remporté le Grand prix spécial du Jury à Cannes Junior en 2000. Dans cette fable moderne sur la liberté et l'ambiguïté de l'homme, une voix plane sur les ondes : celle d’un homme que personne n’a jamais vu mais en qui chacun, sauf le gouvernement, remet son espoir. A voir au CCF à partir du 2 février.
© Imunga Ivanga
 

L’Ombre de Liberty est un puzzle donné à résoudre au public après que celui-ci soit sorti de la salle de cinéma. En témoignent les débats qui suivent la projection du film. Liberty était-il Mateup, ce journaliste, dissident social, à la prose métaphysique et poétique ? Ou sa sœur Atita, une prostituée dont la morgue altière a un côté "Grande Royale" qui lui préserve toute sa dignité ? Pourquoi la voix de Liberty peut-elle continuer d’être entendue alors qu’il (ou elle) a du mourir dans l’explosion de sa camionnette radio pirate ?

Le film d’Imunga Ivanga suscite bien plus de questions que l’on ne saurait inventorier. C’est un film courageux, pour ne pas dire audacieux. C’est une peinture sociale, un fort stimulus qui éveille la conscience tout en l’entretenant dans ce fantastique qui tient sinon du monde des rêves du moins à celui des épopées extraordinaires et des mythes africains. La narration du film en elle-même rappelle, dans une certaine mesure, cette écriture par tableaux dont se sert Aimé Césaire dans le "Cahier d’un retour au pays natal".

Plus concrètement Liberty est une voix qui, comme celle de Jean le Baptiste dans les Evangiles, crie et annonce l’avènement d’une ère nouvelle. C’est un Robin des bois qui vole aux riches le pouvoir médiatique pour le donner aux pauvres. A la manière des Dub-poètes jamaïcains, son verbe est une poésie politique, une diatribe révoltée, un envol de l’esprit opprimé et un appel à la désobéissance civique. Cette voix, qui dérange surtout un pouvoir politique oligarchique et visqueux tenant pour l’essentiel dans la luxure et les sociétés secrètes, ne se laisse cependant saisir par personne, ni par les traîtres, ni par les forces armées et leurs grenades.

Imunga Ivanga reste dans la chronique sociale entamée avec "Dôlè", film dans lequel il dépeint une jeunesse en mal de devenir. Il brosse, avec L’Ombre de Liberty, la pauvreté matérielle, spirituelle et morale, les peurs et les lâchetés de chacun d’entre nous, le refuge dans l'alcool, la désespérance, la démobilisation, etc. Autant de situations sociales que démasque le film et que ne rate pas d’immortaliser les photos d’Arouet, un chasseur d’images désabusé qui fréquente Mateup, le journaliste déchu.

L’Ombre de Liberty est un conte pour adultes, une fable moderne sur la Liberté qui pousse tous les critiques voulant chroniquer le film à une écriture poétique. Aussi, plutôt que d’être commenté ou raconté, le film ne mérite-t-il rien d’autre que d’être vu. Sans doute le synopsis en donnera-t-il une meilleure idée. 

http://www.gaboneco.com/show_article.php?IDActu=745

Par GabonEco - Publié dans : Revue de presse
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Commentaires

 



















Le film d’Imunga Ivanga remporte le "prix du meilleur son" au Fespaco 2007


Les rideaux viennent de tomber sur l’édition 2007 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Le film du Gabonais Immunga Ivanga y a remporté le «Prix du meilleur son».














© lombredeliberty.over-blog.com
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La 20è édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a lieu du 24 février au 3 mars de cette année.

Le long-métrage d'Imunga Ivanga «L'Ombre de Liberty» avait été sélectionné dans la catégorie long-métrage parmi 19 autres films. Au regard de l'affluence et du succès qu’a enregistré «L'ombre de Liberty», deux semaines durant, au Centre culturel Français (CCF) de Libreville et du nombre important d'articles parus dans la presse écrite locale, le public Gabonais s’attendait à ce que le film remporte un trophée majeur ou ne fut-ce qu’un prix pour le jeu des acteurs. Il n’en rien été, le jury du Fespaco n’ayant pas eu le même regard que le public Gabonais. Sans doute le sujet du film est-il paru subversif ou a-t-il déplu dans un pays où l’affaire Norbert Zongo n’est pas tout à fait classée pour la mémoire collective.

«L’ombre de Liberty» ne rentrera toutefois pas totalement bredouille, il a remporté une sorte de prix de consolation : le Prix du meilleur son.
François Ndjimbi de Gaboneco.com



Commentaire n°1 posté par François Ndjimbi le 15/03/2007 à 20h23
Je suis toujours en joie de savoir qu'il y a quand-même des gabonais qui restent encore digne et surtout responsable face à la bêtise ambiante du pays.M.Imunga,je vous félicite et soyez rassuré,la génération consciente et le compatriote averti est derrière vous pour vous soutenir.Par ailleurs,il est dommage que les gabonais de l'étranger n'ai pas la possibilité de voir cette belle oeuvre.
Commentaire n°2 posté par MEBIAME le 29/09/2008 à 12h38

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